Projet - Unesco

Lancement d'une réflexion sur les passerelles pour l'insertion des lauréats dans d'autres systèmes, notamment, formel (éducation) et socio professionnel (formation professionnelle). -. Amélioration du professionnalisme dans la réalisation des programmes (renforcement des capacités des intervenants) ;. -. Renforcement ...
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Direction de la Lutte Contre l’Analphabétisme

ALPHABETISATION AU MAROC PLAN D’ACTION 2012-2015

- Projet -

AOUT 2012

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L’ANALPHABETISME AU MAROC Le taux d'analphabétisme au Maroc est estimé actuellement à moins de 30% de la population âgée de 10 ans et plus. Ce taux a été évalué à 38.5% en 2006 par l’enquête nationale sur l'analphabétisme, la non scolarisation et la déscolarisation au Maroc, réalisée par le Département de l’Alphabétisation et de l’Education Non Formelle et à 43% par le dernier recensement général de la population et de l’habitat en 2004. La population analphabète est estimée à 8 millions de personnes (le Maroc compte près de 32 millions de personnes). Par ailleurs, la proportion d’analphabètes connait des disparités importantes en termes de tranches d’âge, du genre, du milieu de résidence et d’activités professionnelles. En effet, selon la même enquête, le taux d’analphabétisme au sein de la population féminine atteint près de 40 % en moyenne. S’agissant de la population adulte active, plus du tiers de cette dernière (40%) est composée d’individus sans niveau scolaire.

LA STRATEGIE NATIONALE DE LUTTE CONTRE L’ANALPHABETISME Devant cette situation et afin de donner un élan plus important aux programmes d’alphabétisation, le Maroc a adopté depuis 2004, une stratégie nationale d’alphabétisation qui s’articule autour de 10 axes : le système d’information, le partenariat, le parrainage, les curricula, la formation des intervenants, la coopération internationale, la mobilisation et la communication, le suivi, le contrôle et l’évaluation et le développement social intégré. Conformément aux axes de la stratégie, quatre types d’opérateurs mènent des actions d’alphabétisation selon les spécificités des groupes cibles :  Opérateurs publics : programme réalisé en collaboration avec les Ministères et institutions publiques au profit des populations analphabètes bénéficiant de leurs services (Entraide Nationale, Jeunesse et Sport, Affaires Islamiques, Agriculture, Pêche Maritime, Justice, Forces Armées Royales, Forces auxiliaires, Artisanat et Collectivités Locales) ;  Associations : ce programme est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ;  Education Nationale : programme annuel réalisé dans les structures d’accueil du Ministère de l’Education Nationale et par ses ressources humaines. Il est destiné à l’ensemble des populations analphabètes âgées de plus de 15 ans ;  Entreprises : programme de formation destiné aux salariés des entreprises.

LES REALISATIONS En termes de réalisations quantitatives, force est de constater que les programmes d’alphabétisation déployés au Maroc concernent annuellement un nombre croissant de bénéficiaires passant de 286.000 en 2002 à plus de 730.000 en 2012, totalisant ainsi plus de 6 millions de bénéficiaires sur les 10 dernières années. Le graphique ci dessous présente l’évolution des effectifs alphabétisés sur les 30 dernières années :

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S’agissant de la répartition des bénéficiaires des programmes d’alphabétisation par type d’opérateurs, en 2011-2012, il y a lieu de souligner la forte implication des ONG avec plus de 50% de l’effort national. Répartition des bénéficiaires pour l’année d’alphabétisation 2011-2012 selon les intervenants

Entreprises

Education Nationale

ONG

Opérateurs publics

Au titre de l’année 2011-2012, les cours d’alphabétisation ont été encadrés par près de 18 000 formateurs/alphabétiseurs dans plus de 16 700 centres d’alphabétisation, dont plus de 8 700 sont en milieu rural. En plus des réalisations quantitatives, une attention particulière a été accordée à l’amélioration de la qualité de l’intervention et à la diversification des approches pour toucher un maximum du public cible : 

Diversification des approches, des programmes et bénéficiaires;



Instauration de dispositifs d'évaluation des apprentissages et de certification acquises ;



Lancement d’une réflexion sur les passerelles pour l'insertion des lauréats dans d'autres systèmes, notamment, formel (éducation) et socio professionnel (formation professionnelle).



Amélioration du professionnalisme dans la réalisation des programmes (renforcement des capacités des intervenants) ;



Renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation.

des outils selon la diversité des besoins des des compétences

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LE FINANCEMENT Le budget réservé à l’alphabétisation annuellement, y compris la contribution des donateurs internationaux (notamment un don important de l’Union Européenne) ne dépasse guère les 200 Millions de Dirhams (MAD). Ce budget, bien qu’il a été doublé entre 2007 et 2012, représente à peine 0.04% du budget alloué à l’éducation de base. Le coût unitaire d’alphabétisation d’une personne est estimé à 50 $ US.

VISION GLOBALE Les efforts quantitatifs et qualitatifs pour éradiquer l’analphabétisme au Maroc devront être intensifiés au cours des prochaines années et pour cela, il sera nécessaire d’impliquer davantage tous les acteurs concernés, qu’ils soient publics ou privés. Il en va tant de la compétitivité du Maroc et de son développement socio-économique. Le programme gouvernemental actuel prévoit l’accélération du rythme des réalisations pour cibler un million de bénéficiaires par an et amener le taux d’analphabétisme à 20% en 2016.

OBJECTIFS DU PLAN D’ACTION Trois axes peuvent cadrer le plan d’action 2012-2015 : 1. Augmenter le rythme d’alphabétisation. 2. Améliorer la qualité et le professionnalisme. 3. Assurer les conditions de réussite.

Ce plan d’action vise la population analphabète âgée de 15 ans et plus. La priorité sera donnée, autant que possible, aux femmes, au milieu rural, aux jeunes et à la population active.

ACTIVITES PROPOSEES 1. Augmenter le rythme d’alphabétisation pour atteindre un million de bénéficiaires par an ; -

Elargir les partenariats avec la société civile et les secteurs public et privé pour augmenter l’offre d’alphabétisation ;

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Renforcer les programmes de sensibilisation et de mobilisation du public cible (campagnes de publicité, médias, …) ;

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Renforcer le plaidoyer pour assurer la convergence entre les programmes d’alphabétisation et les différents plans et projets sectoriels (inscrire l’alphabétisation parmi les actions de mise en œuvre des plans sectoriels : agriculture, artisanat, pêche,

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jeunesse, industrie, …) -

Cibler les jeunes (15-34 ans) et la population active par des programmes spécifiques (préparation à l’emploi ou à la promotion dans l’activité professionnelle …) ;

2. Améliorer la qualité et le professionnalisme : -

Diversifier et adapter les approches, les programmes et les outils selon la spécificité et les besoins des populations cibles ;

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Développer et généraliser l’usage des TIC dans les programmes d’alphabétisation pour promouvoir la flexibilité et l’attractivité de l’alphabétisation notamment auprès des jeunes ;

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Améliorer le professionnalisme dans la réalisation des programmes par le renforcement des capacités des intervenants notamment les alphabétiseurs/formateurs (formation continue de 12500 formateurs / an) ;

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Renforcer le système d’évaluation et de certification des apprentissages (reconnaissance du certificat d’alphabétisation, cadre national de certification, validation des acquis …) ;

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Développer les mécanismes de passerelles entre l’alphabétisation et les autres composantes du système éducatif, notamment avec la formation professionnelle ;

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Diversifier les mécanismes de suivi et d’évaluation (plus de 3000 visites de contrôle externe des classes d’alphabétisation).

3. Assurer les conditions de réussite : -

Mobiliser le financement nécessaire et garantir sa pérennité ;

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Elargir le partenariat aux niveaux national et international pour drainer de nouveaux financements ;

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Enrichir le dispositif législatif et organisationnel par de nouvelles lois :

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considérant l’alphabétisation comme une obligation sociale de l’Etat et précisant les champs d’intervention et les responsabilités de chaque intervenant ;

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organisant les processus d’apprentissage, la certification et la validation des acquis.

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Développer le partenariat avec l’Université et les instituts de recherche dans les domaines en relation avec l’alphabétisation.

SUIVI ET EVALUATION Le suivi de la mise en œuvre de ce plan se fera sur la base d’indicateurs et des rapports périodiques. Un rapport annuel sera établi pour faire le point sur les avancements et les difficultés rencontrées.

FINANCEMENT La mise en œuvre de ce plan d’action nécessite la mobilisation des financements adéquats estimés à 400 Millions de MAD par an (1 € équivaut 11 MAD). Actuellement, seule la moitié de cette enveloppe est garantie par le budget de l’Etat et la contribution de quelques partenaires techniques et financiers étrangers.

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